…les fonds activistes sortent du bois >
Ces deux chiffres ont amené plusieurs actionnaires d'Atos à interroger les dirigeants et surtout le conseil d'administration. Cela a été le cas de Sycomore AM qui détient 0,5 % du capital et qui n'hésite plus à demander le départ de Bertrand Meunier, le président du conseil d'administration, qui reste « bunkerisé » et qui ne veut pas regarder d'autres options que ce très coûteux plan de restructuration-scission. C'est aussi le cas du fonds activiste Sparta Capital animé par Franck Tuil (un ancien d'Elliott). Ce dernier a écrit, le 12 juillet dernier, un courrier à tous les administrateurs d'Atos les enjoignant de regarder d'autres options.
La Lettre de L'Expansion a eu accès à cette lettre qui alerte les mandataires sociaux : « Vous ne pouvez pas ignorer la réaction du marché de la dette, qui suggère une probabilité élevée de faillite, susceptible de devenir auto-réalisatrice lorsque les employés et les clients commencent à abandonner le navire. À la lumière de la réaction du marché et de l'environnement économique défavorable, la mise en œuvre du plan, dans sa forme actuelle, crée trop d'incertitude. Nous demandons donc à chacun des membres du conseil d'administration d'exercer individuellement son devoir de prudence en reconsidérant les différentes options disponibles. »
Un autre front va s'ouvrir cette semaine avec les syndicats, qui s'étonnent de n'avoir toujours pas été consultés et qui ignorent tout des conséquences sociales de la restructuration à venir. Une réunion du comité de groupe européen doit se tenir, ce mercredi 7 septembre, et s'annonce houleuse. Ce qui amène les pouvoirs publics à garder un œil, voire une main sur ce dossier. À l'Élysée et à Bercy, certains aimeraient bien faire passer des messages « de raison » à Bertrand Meunier. Quitte à passer par l'intermédiaire d'Édouard Philippe, administrateur d'Atos depuis deux ans.