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Business / Luxe et marchés / 03/10/2022

Pourquoi Tod's cherche à redevenir une société privée

La société DeVa, elle-même détenue par la holding DiVi, détenue par les deux frères Della Valle, a lancé, lundi dernier son offre visant à racheter toutes les actions du cordonnier de luxe Tod's que la famille ne possède pas. Pour être certain de séduire les actionnaires minoritaires, le prix d'offre a été fixé à 40 euros par action, offrant une prime de 20,4 % sur le dernier cours avant l'annonce de cette opération. Ce qui valorise la totalité de la société à 1,32 milliard d'euros. Comme LVMH détient 10 % du capital de Tod's via la holding Delphine, l'offre ne concerne que les titres non détenus par la famille et le numéro un mondial du luxe. Ce qui représente un décaissement de près de 340 millions d'euros pour la holding familiale DeVa, qui possède 64,5 % du capital de Tod's. Il y a plusieurs raisons à ce « delisting » organisé par BNP Paribas, Cacib et Deutsche Bank. D'abord, le parcours boursier de Tod's a été décevant depuis son introduction en Bourse en 2000. Le cours de Bourse est le même aujourd'hui qu'il y a vingt-deux ans alors que, dans le même temps, le groupe a vu son chiffre d'affaires multiplié par trois. Ensuite, Diego Della Valle entend profiter d'avoir son groupe à l'abri des regards pour procéder à des restructurations, voire à des arbitrages entre ses marques. En plus de la marque célèbre pour ses mocassins, Tod's possède également les labels Fay et Hogan, ainsi que Roger Vivier. Enfin, une fois mené ce travail, il pourra revendre Tod's à LVMH sur la base d'une meilleure valorisation pour sa famille.

Pour l'heure, Tod's doit résoudre le problème posé par le fonds spéculatif américain Tabor Asset Management qui, par deux courriers successifs, a demandé un relèvement du prix d'offre. Tabor demande aux administrateurs de Tod's de s'entretenir avec DeVa afin d'obtenir une augmentation du prix de delisting et invite les actionnaires de Tod's à reconsidérer leur éventuelle acceptation de l'offre sur la base de la proposition actuelle, qui, à son avis, n'évalue pas adéquatement la valeur réelle des marques du groupe. Tabor est assisté par les cabinets d'avocats Kleinberg, Kaplan, Wolff & Cohen de New York et par le bureau milanais de DWF.

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