Daniel Kretínský va investir 10 milliards d'euros dans le renouvelable >
Le groupe énergétique tchèque EPH, qui appartient au duo de milliardaires Daniel Kretínský et Patrik Tkac, s'apprêterait à investir 10,2 milliards d'euros dans les énergies renouvelables. À commencer par Lausitz Energie (LEAG), sa société allemande qui exploite quatre mines de lignite et quatre centrales électriques dans l'est du pays. Un changement majeur dans la stratégie d'EPH, qui s'était jusqu'à présent concentrée sur le charbon et le gaz en pariant sur le fait que la transition écologique prendrait plus de temps que prévu.
EPH a acheté du charbon et des actifs énergétiques au charbon à des prix cassés à un moment où la plupart des investisseurs se sont détournés des sources d'énergie très carbonées. Cette année, la stratégie a porté ses fruits de manière spectaculaire, car les actifs houillers ont été réutilisés pour permettre de produire de l'électricité, compte tenu de l'embargo sur le gaz installé par la Russie en réponse aux sanctions européennes. Lausitz Energie prévoit donc de construire des parcs solaires et éoliens d'une capacité combinée de 7 gigawatts d'ici à 2030. Ce qui équivaut à la production de quatre grosses centrales nucléaires.
Il s'agit du deuxième investissement majeur annoncé récemment par EPH après l'annonce de l'acquisition de la centrale électrique fonctionnant au gaz de Sloe aux Pays Bas. Son investissement dans Lausitz Energie, qu'EPH a rachetée en 2016 au suédois Vattenfall, été l'objet de fortes critiques en Tchéquie et en Allemagne.
Notamment, par les spécialistes de l'énergie qui y ont vu un moyen cynique et opportuniste de percevoir des compensations financières pour l'élimination du charbon en Allemagne, alors que les entreprises d'EPH continuent de polluer en Tchéquie. En mars 2021, la Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur les plans allemands visant à fournir 4,35 milliards d'euros de compensation aux services publics RWE et LEAG (Lausitz Energie), afin de les encourager à accélérer l'arrêt progressif des centrales électriques à lignite, au motif qu'il pourrait s'agir d'une aide d'État.