Bpifrance cherche une solution alternative à Heico pour Exxelia >
Si la Direction générale de l'armement ne semble pas s'émouvoir du rachat du fabricant de composants Exxelia par l'américain Heico, que l'on qualifie de « partenaire très favorablement connu du ministère », et si Bercy ne fait pas preuve d'un zèle excessif pour garder en France cette pépite qui travaille largement pour la défense et qui fabrique tous les composants du Rafale, tel n'est pas le cas de Bpifrance. Selon nos informations, Nicolas Dufourcq a pris le sujet à bras-le-corps et est en train de monter une solution alternative avec des fonds à capitaux français. Le prix proposé par Heico, pour acquérir auprès du fonds IK Partners cette entreprise de seulement 160 millions d'euros de chiffre d'affaires, s'élève au chiffre astronomique de 453 millions d'euros.
Il y a tout juste un an, Tikekau Ace Capital et Bpifrance ont aidé Mecachrome et WeAre à se rapprocher et donner ainsi naissance à un groupe français multi-technologies de premier plan dans les secteurs stratégiques de l'aéronautique, du spatial, de la défense et de l'automobile. L'opération avait alors permis la création d'un nouvel acteur susceptible de générer un chiffre d'affaires combiné supérieur à 450 millions d'euros.
Et pour Bpifrance, dont le directeur général mène un combat incessant pour la réindustrialisation du pays, le combat ne s'arrêtera pas là. Car Heico a signifié son intention de mettre aussi la main sur la société Trad, leader dans le domaine hautement spécialisé de l'ingénierie des rayonnements, qui comprend le test et la simulation des effets des rayonnements sur les composants et les matériaux électroniques, le développement et la fourniture de logiciels pour les tests de rayonnement et la modélisation des effets, et à l'approvisionnement/le dépistage des rayonnements tolérants et composants durcis aux radiations pour ses clients. Les services et produits de T sont principalement utilisés dans les domaines spatial, nucléaire et médical. Trad a été créée il y a près de trente ans par Christian Chatry. La société emploie environ 75 personnes sur ses sites de Labège et Montpellier.