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Business / Le Bureau des Légendes / 07/11/2022

Les services secrets au cœur de l'affaire

Àquoi bon faire fonctionner une cimenterie dans un pays en guerre, en plein désert syrien avec, comme seul horizon, la ville d'Alep ? Objectivement, Lafarge n'avait aucun intérêt à maintenir en activité ce site. L'agence de presse turque Anadolu s'est procuré de très nombreux documents confidentiels qui montrent que l'État français, et notamment la DGSE, connaissait la teneur des relations de Lafarge avec les divers groupes armés patrouillant autour de sa cimenterie. D'après ces documents, les services de renseignements français ont clairement profité de l'activité de Lafarge en Syrie pour récolter des informations relatives aux développements dans la région et aux activités des membres des différents groupes armés et organisations terroristes impliqués dans le conflit syrien.

Une fois l'affaire dévoilée et l'enquête ouverte, un élément des services secrets français a été interrogé par la justice. Dans ses dépositions du 18 novembre 2018, où son identité n'est pas dévoilée et où il est appelé « AM-02 », cet agent confirme que Lafarge était la principale source d'informations en Syrie, à la fois du Quai d'Orsay, des Armées, de la DGSE, et même de l'état-major particulier de l'Élysée. Mais tout cela n'a pu être possible que parce que cela a été caché à Bruno Lafont, le patron de Lafarge, qui aurait certainement fait fermer, sans délai, cette cimenterie. Ce qu'il ne cesse de proclamer depuis.

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