Joseph Oughourlian veut valoriser Indra en le dépeçant >
Le patron du hedge fund britannique Amber Capital, qui a été, il y a deux ans, à l'origine du changement de contrôle de Lagardère, est maintenant à la manœuvre en Espagne. Principal actionnaire et président du groupe de presse et d'édition Prisa, où il est accompagné par Vivendi, il n'a pas eu la main heureuse, l'action ayant chuté de 40 % au cours des six derniers mois. Il est plus satisfait de son investissement dans Indra Sistemas (une sorte de Thales espagnol) où l'État, qui est le principal actionnaire, l'a autorisé à monter jusqu'à 9,99 % du capital. Au cours des trois derniers mois l'action a gagné 25 %.
De peur que le gouvernement espagnol change en 2023, dans le sillage des élections législatives et sénatoriales, l'activiste franco-britannique chercherait à convaincre les actionnaires d'Indra de séparer les divisions Défense et Technologie du groupe, voire surtout de vendre la seconde (connue sous le nom de Minsait). D'autant que cette filiale est restructurée et affiche une forte croissance. Si bien que chez Amber Capital on estime que la cotation ou la vente de Minsait permettrait d'extérioriser facilement 1,5 à 2 milliards d'euros de valeur. Alors que la capitalisation boursière totale d'Indra évolue actuellement autour de 1,8 milliard, Joseph Oughourlian estime, lui, la valeur réévaluée du groupe espagnol au double en cas de cession de Minsait. L'actuel conseil d'administration d'Indra n'est pas insensible à ces arguments, d'autant qu'il est plus intéressé par l'activité militaire d'Indra. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour le fondateur d'Amber Capital.