Les belles étrennes de la famille Saadé >
Le groupe CMA-CGM se porte bien. C'est un fait et c'est tant mieux, tant il est devenu stratégique dans les chaînes d'approvisionnement de l'économie française. Cela témoigne de la pugnacité de la famille Saadé qui a vécu des heures bien plus difficiles il y a une douzaine d'années, allant jusqu'à quémander, avec l'aide de Jean-Marie Messier, l'appui d'Albert Frère (qui a raté une très belle affaire) avant d'obtenir le soutien du FSI (devenu Bpifrance) et surtout du groupe turc Yildirim, aujourd'hui actionnaire à hauteur de 24 %.
Au cours du seul troisième trimestre, le chiffre d'affaires de CMACGM a atteint le niveau record de 19,9 milliards de dollars en hausse de près de 30 % sur un an. Et en dépit d'une flambée des coûts de l'énergie, le résultat net de cette seule période estivale s'est élevé à plus de 7 milliards de dollars. De quoi permettre au groupe marseillais de se désendetter presque totalement. De quoi aussi donner à la famille Saadé des envies de profiter de cette manne. Selon les états financiers du trimestre, CMA-CGM a donc décidé de distribuer à ses actionnaires un acompte sur dividende de 1,5 milliard de dollars. Il y a un an, la société avait déjà pratiqué de la même manière, mais en ne distribuant que 500 millions de dollars par anticipation sur le dividende dû au titre de l'exercice 2021. Le 30 mars dernier, un dividende complémentaire de 1,5 milliard de dollars (1,32 milliard d'euros) permettait aux actionnaires d'arrondir leur pelote. C'est un changement de dimension pour la famille Saadé qui vivait jusque-là sur un train plus modeste, avec un dividende annuel de 50 millions d'euros. D'autant qu'il faut s'attendre à ce qu'en mars prochain l'assemblée de CMA-CGM décide d'un dividende additionnel d'au moins 1,5 ou 2 milliards de dollars. Au total, la holding familiale Merit France, qui regroupe les intérêts des Saadé, verrait tomber dans ses caisses entre 2,2 et 2,5 milliards de dollars. Et Bpifrance entre 85 et 100 millions d'euros !