Bolloré a gagné la bataille des contenus musicaux >
Depuis qu'il a pris une fausse retraite, en avril dernier, en se repliant dans son Hôtel de Cornouaille, situé à un jet de pierres de la Villa Montmorency, on a fini par oublier que Vincent Bolloré a toujours su faire les bons choix industriels et financiers. Qu'on en juge avec le cas Universal Music Group (UMG). Cette société – dont Vivendi détient 10 % du capital et le groupe Bolloré presque 19 % – et dont l'activité consiste à produire des contenus musicaux, affiche aujourd'hui une valorisation boursière de 45 milliards d'euros. Soit exactement trois fois celle de Spotify (15 milliards) qui est un diffuseur de musique, voire le plus populaire au monde. Or en septembre 2021, lorsque Vincent Bolloré a pris la décision de faire coter UMG à Amsterdam par la voie d'une distribution d'actions aux actionnaires de Vivendi, les analystes financiers faisaient peu de cas des contenus et posaient tous la question suivante : « Universal contre Spotify : lequel des deux géants de la musique vaudra le plus fin 2022 ? » Ils ont aujourd'hui la réponse. Et elle est sans appel. Or il y a un an UMG et Spotify valaient tous les deux 44 milliards de dollars.
Si l'action Universal Music Group a bien résisté à une conjoncture boursière volatile et heurtée par les chocs internationaux, le titre Spotify a perdu les deux tiers de sa valeur l'an passé. Et cela, en dépit du gain de 15 millions de nouveaux abonnés et de la déconnexion de 1,5 million d'abonnés russes. Si bien que le chiffre d'affaires de Spotify (sorte de Netflix de la musique) devrait marquer une hausse de plus de 20 % pour 2022. En revanche ; le diffuseur a vu sa perte d'exploitation se creuser. D'une certaine manière, plus il grossit, plus il perd de l'argent. À l'inverse de ce que connaît UMG.