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Business / Presse et édition / 23/01/2023

Vivendi avance ses pions en Espagne

Dans les jours qui viennent – et au plus tard le 30 janvier – Yannick Bolloré, le président du conseil de surveillance de Vivendi, rendra public le nom du repreneur qu'il souhaite pour la participation de 29 % au capital d'Editis que la société Bolloré SE devrait récupérer, en cas de spin-off. Peut-être tout cela pourrait n'être qu'un exercice de « wishful thinking », dans la mesure où Bruxelles pourrait retoquer l'ensemble de l'architecture de ce projet.

Cela n'empêche pas le groupe français, présent dans la télévision (Canal +), les médias (Prisma), la publicité (Havas) et les jeux vidéos de réfléchir à des développements européens. Il y a deux ans, il avait acquis, auprès de HSBC, 7 % du capital de Prisa pour appuyer l'activiste franco-britannique Joseph Oughourlian (Amber Capital), qui avait acquis 29,7 % du capital et pris la présidence de la société. Certains avaient imaginé qu'il s'agissait d'un simple « renvoi d'ascenseur », dans la mesure où c'est la guérilla judiciaire menée par Amber contre Arnaud Lagardère qui avait permis à Vincent Bolloré de lancer une OPA sur le groupe français. Depuis, Vivendi a porté à 9,9 % sa participation au capital de Prisa. Mais le gouvernement espagnol a bloqué tout passage du seuil de 10 %, dans le cadre d'un décret limitant les investissements étrangers dans des entreprises stratégiques qui ont été touchées par la pandémie, l'invasion de l'Ukraine et la hausse des taux d'intérêt (disposition existant aussi en France). Mais Prisa vient d'émettre pour 130 millions d'obligations convertibles (souscrites à hauteur de 45 % par Amber et Vivendi). En cas de conversion de ces titres – dans un délai de cinq ans – la participation de Vivendi chez Prisa passerait, de facto, dans une fourchette comprise entre 11,5 % et 13,5 %, alors qu'Amber prendra soin de ne pas dépasser le seuil de 30 %. À condition que le gouvernement lève la barrière juridique. Avec, à la clé, une position très forte dans la presse, l'édition et la télévision en Espagne. Et, « cerise sur le gâteau », une part de 20 % au capital du Monde

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