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Business / Evidian / 20/02/2023

Atos veut faire monter les enchères

A tos a annoncé jeudi dernier poursuivre les discussions avec Airbus afin de mener un processus de due diligence et « négocier des conditions mutuellement satisfaisantes », après avoir reçu une offre de l'avionneur pour 29,9 % d'Evidian. Si Airbus conforte son avance sur les autres groupes également intéressés – Thales, Onepoint, Orange, les fonds CVC Capital Partners et Apollo, etc. –, rien n'est encore gagné pour le groupe dirigé par Guillaume Faury.

Tout d'abord, ce projet initialement poussé par Bertrand Meunier, le président non exécutif d'Atos, a provoqué des remous en interne. L'un des administrateurs de l'entreprise très impliqué dans sa restructuration, René Proglio, n'aurait guère goûté de l'apprendre par voie de presse. Quant aux cadres dirigeants, certains ne cachent plus leur lassitude à voir leur président faire le contraire de ce qu'il dit. Ainsi, alors qu'il avait annoncé en juin dernier qu'il n'essaierait pas de vendre Tech Foundations (infogérance), La Lettre de L'Expansion a révélé en octobre qu'il a au contraire cherché activement à s'en séparer sans attendre la scission. Il refait la même chose avec Evidian.

En outre, Airbus doit faire face à l'opposition de nombreux acteurs impliqués dans ce dossier. Si Bercy semble favorable, il n'en va pas de même du côté de la Direction des applications militaires, qui utilise les supercalculateurs d'Evidian pour les simulations d'essais nucléaires, et de la Direction générale de l'armement. Les deux s'inquiètent de voir Evidian rejoindre une activité de cybersécurité d'Airbus principalement gérée par des Allemands et où viendraient s'agréger tous les anciens de Siemens IT repris par Atos il y a quelques années. Guillaume Faury serait néanmoins intervenu personnellement pour rassurer les pouvoirs publics sur ce point.

Enfin, il y a la question du prix. Atos espère obtenir une valorisation de sa filiale, présente dans la transformation numérique, le big data et la cybersécurité, comprise entre 7 et 7,5 milliards d'euros, un prix jugé très élevé. En n'entrant pas en négociations exclusives avec Airbus, Atos cherche à mettre la pression sur les autres groupes intéressés et tente ainsi d'obtenir la meilleure offre possible pour Evidian. Une alliance de circonstance entre certains n'est d'ailleurs pas exclue, comme cela avait pu être envisagé à l'automne entre Thales et Onepoint. Et du côté d'Airbus, rien ne dit que le projet sera validé alors qu'un prix élevé pour une participation minoritaire a de quoi interroger. l

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