Comment ABN AMRO tire un trait sur l'autonomie de Neuflize OBC >
C'est un proverbe batave qui l'affirme : « Les paroles d'or sont souvent suivies d'actes de plomb. » Les dirigeants du groupe bancaire ABN AMRO sont bien placés pour témoigner de la véracité de cet adage. Alors qu'il y a quelques semaines, chez Neuflize OBC, filiale à 100 % de la banque hollandaise, on niait tout projet d'absorption de la plus vieille banque française, en dépit des informations dont nous disposions, le 15 décembre dernier les dirigeants des deux établissements ont tous paraphé un document qui s'intitule « traité de fusion transfrontalière ». Ce document de 108 pages est beaucoup plus explicite que ne l'ont été, jusqu'à présent, les dirigeants de Neuflize OBC. Il y est écrit qu'une fois absorbé, l'ancien étendard de la haute banque protestante n'aura plus d'existence juridique. Donc plus d'autonomie. Et plus de conseil de surveillance ni de directoire.
Finie donc l'indépendance dont profitait Neuflize OBC depuis 1977, lorsque ABN AMRO avait racheté la petite banque Mees and Hope, qui était venue au secours de Neuflize Schlumberger Mallet après les déboires de « l'affaire Lipsky ». Finie son histoire vieille de trois siècles et demi lorsque David André (1629-1692) a créé la Maison de commerce et de banque André à Gênes, qui s'est vite rapprochée de la Banque Mallet créée à Genève par Isaac Mallet (1684-1779). Finie sa capacité à faire de la gestion privée sur mesure. Finie l'ancrage familial de la banque puisque les deux dernières représentantes des familles fondatrices, Sandra Propper (OBC) et Sidonie Dumas (famille Seydoux-Schlumberger), ont toutes les deux claqué la porte du conseil de surveillance. Fini le patrimoine immobilier qui a été cédé pour procurer des dividendes à ABN AMRO. Cette banque, qui a accompagné le capitalisme français pendant plusieurs siècles, méritait mieux que ce triste sort ! l