… et Airbus renonce aux 29,9 % d'Evidian mais poursuit les discussions avec Atos >
Coup de théâtre mercredi 29 mars. Lorsqu'Atos a annoncé à 11 heures du matin, en pleine séance boursière – ce qui est contraire à toutes les consignes en matière d'information financière - qu'Airbus avait décidé de ne plus poursuivre les discussions initiées en février dernier, concernant l'acquisition potentielle d'une participation minoritaire de 29,9 % dans Evidian. Ce qui a provoqué une chute de 17 % des actions Atos. Et même si le groupe présidé par Bertrand Meunier, a confirmé qu'il allait explorer avec Airbus d'autres options afin de poursuivre les travaux sur un partenariat à long terme entre Airbus et Evidian, les investisseurs ont basculé du côté de la défiance.
Le problème, c'est qu'au fur et à mesure de leurs travaux de « due diligence » sur Evidian, les dirigeants d'Airbus conseillés par Lazard Frères ont découvert une société moins performante qu'ils ne le pensaient, et s'inscrivant davantage dans un schéma d'entreprise « en retournement ». Par ailleurs, ils ont mesuré à quel point une participation de 29,9 %, « c'était trop ou bien trop peu », selon l'un des protagonistes. Si l'on ajoute à cela la pression du fonds activiste TCI, actionnaire à hauteur de 3 % d'Airbus, qui a écrit au président de l'avionneur pour le supplier de renoncer à cette opération contraire, de son point de vue, à l'intérêt social, on comprend pourquoi la négociation a échoué. De surcroît, autre mauvaise nouvelle, Orange qui était également intéressé par Evidian a fait savoir à Atos, il y a quelques jours, qu'il avait finalement refermé le dossier. En revanche, il est beaucoup question de l'intérêt que porterait à cet actif le fonds américain Veritas Capital. Malgré le travail colossal effectué par l'équipe de direction d'Atos, composée de Nourdine Bihmane, Diane Galbe et Philippe Oliva, on voit mal aujourd'hui comment le spin-off annoncé le 14 juin 2022 pourrait avoir lieu selon le calendrier prévu, c'est-à-dire au cours du second semestre.