Comment l'État va profiter de la hausse des dividendes issus de ses participations >
Il n'y a pas que les partenaires sociaux qui sont intéressés par le débat sur le partage de la valeur. L'État l'est également à travers le Trésor et le bras armé de celui-ci : l'Agence des participations de l'État (APE). Celle-ci détient onze participations dans des entreprises cotées. Deux d'entre elles sont des participations de contrôle : EDF et Aéroports de Paris. Il y a quelques semaines, l'Agence des participations de l'État a même renforcé son poids au capital d'EDF par le biais d'une OPA simplifiée, au point d'en détenir 95,9 % au lieu de 84 % précédemment. Et les dividendes versés par ces différentes participations représentent une sympathique recette de poche pour l'État.
Si l'on ne tient pas compte d'EDF, qui versait son dividende en actions et non en cash, les dix autres lignes de participations détenues par l'APE vont payer, dans les semaines qui viennent, à cet actionnaire public le montant total de 1,687 milliard d'euros. Près de la moitié de cette somme est liée au dividende versé par Engie (800 millions d'euros) et dont l'APE détient encore 23,6 % du capital. Ces dividendes ont donc progressé au total de 53 % par rapport à ce que l'État avait reçu au titre de l'exercice 2021 marqué par les stigmates de la crise sanitaire. À titre d'exemple, l'APE va recevoir 157 millions d'euros d'Aéroports de Paris, qui n'avait pas pu verser de dividende l'an passé. À noter qu'en incluant le dividende versé par la Caisse des Dépôts, c'est un total de 3,3 milliards d'euros que va percevoir l'État. Il ressort donc que le rendement total des participations cotées s'établissait au 30 mars dernier à 3,5 %.