Le Qatar se venge du Credit Suisse >
La société Katara Hospitality Switzerland, filiale du fonds souverain du Qatar, vient de mettre en vente ses trois hôtels de luxe pour un montant total de 1,8 milliard de francs suisses. Cette décision intervient moins d'un mois après le rachat-sauvetage du Credit Suisse par UBS, l'autre grande banque helvétique. À l'occasion de cette opération, le fonds Qatar Investment Authority (QIA), qui détenait 7 % du Credit Suisse pour un prix de revient de près de 7 milliards de francs suisses, a dû constater une moins-value de 6,7 milliards. Cela signifie que le fonds souverain a perdu plus de 95 % de son investissement initial. Une perte de valeur d'autant plus amère pour le QIA que ce dernier avait accepté de venir au secours du Credit Suisse en participant, l'hiver dernier, à une augmentation de capital de 4 milliards de francs suisses, destinée à consolider son assise financière.
Lorsque les autorités bancaires suisses et les pouvoirs publics du pays ont décidé de rapprocher le Credit Suisse et UBS sans solliciter l'avis des actionnaires, les Qataris ont avalé une sacrée couleuvre en silence. Mais ils ont, semble-t-il, tiré comme conclusion de cette opération que la Suisse n'était pas aussi sûre sur le plan juridique et financier que ce que laissait penser sa réputation. D'où cette vente précipitée de trois des plus prestigieux palaces suisses : le Schweizerhof à Berne, le complexe hôtelier du Bürgenstock sur les rives du lac des Quatre-Cantons et le Royal Savoy à Lausanne. Les vendeurs demanderaient 300 millions de francs, pour ce dernier palace, que Katara Hospitality Switzerland avait acheté en 2009. Le prix de vente du Bürgenstock s'élèverait à un montant record de 1,2 milliard de francs. Quant au Schweizerhof, acquis il y a dix ans, il serait estimé à 275 millions. Soit un montant total de près de 1,8 milliard de francs. Reste à savoir si, après cette vente, le fonds souverain du Qatar cherchera aussi à se séparer des nombreux centres commerciaux qu'il possède en Suisse de manière à éponger sa perte très amère sur le défunt Credit Suisse.