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Business / Endettement / 02/05/2023

Altice est-il « too big to fail » ?

Avec une dette nette totale d'environ 53 milliards d'euros à fin 2022 pour les trois entités du groupe Altice (Altice USA, Altice France et Altice International), l'empire de Patrick Drahi représente-t-il un risque systémique pour les marchés financiers ? La question se pose d'autant plus dans un environnement financier marqué par la hausse des taux d'intérêt.

Selon des analystes, refinancer la dette du groupe devrait se faire dans les conditions actuelles à un taux proche de 10 %, ce qui pourrait fortement peser sur les finances d'Altice. Ce serait pratiquement l'intégralité de l'Ebitda d'Altice USA qui devrait ainsi être consacré au service de la dette et la moitié de celui d'Altice France, contre moins d'un tiers en 2022. Cela laisserait le groupe sans marge de manœuvre pour investir aux États-Unis et de façon très limitée en France. Car, dans le secteur des télécoms, il faut souvent consacrer entre un peu plus d'un tiers et la moitié de son Ebitda aux investissements.

Pour autant, le risque systémique d'Altice est exclu par plusieurs gérants de fonds. Certes, un défaut d'Altice France serait la plus grosse restructuration de dette dans l'Hexagone, avec 23 milliards d'euros, contre près de 10 milliards dans le cas d'Orpea, mais 80 % de la dette de SFR est sécurisée. Pour Altice International (8 milliards d'euros de dette nette), ce ratio s'élève à plus de 90 %. Sans compter les actifs que le groupe pourrait vendre pour l'aider à se désendetter en cas de besoin. l

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