Crise dans la tech : « Fear the Walking Dead » >
Comme dans cette série américaine, aucun acteur de la tech ne souhaite être confronté à une structure zombie, i.e. une société incapable de lever des fonds, soit pour investir dans le cas d'un VC (Venture Capital), soit pour financer son activité lorsqu'il s'agit d'une start-up. Or le nombre de ces structures risque de fortement augmenter compte tenu de la crise d'investissement dans le secteur (voir article ci-dessus).
Pour éviter cela, des start-up, qui ne peuvent pas avoir accès au marché de la dette compte tenu de la hausse des taux et de leur incapacité à dégager des cash-flows, sont contraintes de lever des fonds à des niveaux de valorisation inférieurs à leurs précédents tours de table (« downrounds »). Ce fut le cas dernièrement de Stripe, la société spécialisée dans le paiement en ligne, qui a récupéré, en mars, 6,5 milliards de dollars sur la base d'une valorisation de 50 milliards, la moitié de ce qu'elle était précédemment en 2021.
De leur côté, certains fonds ont recours à des clauses de liquidation préférentielle visant à protéger leur investissement en cas de performances moins bonnes que prévu de la part de l'entreprise financée. Mais, avec l'éclatement de la bulle, ces clauses pourraient être difficiles à justifier lors d'une prochaine levée de fonds, ou alors au prix d'une très forte dilution des fondateurs. Selon Maëlle Gavet, qui dirige l'accélérateur américain de start-up Techstars, la moitié des VC avec moins de 100 millions de dollars d'encours pourraient devenir des zombies prochainement.