Le nouveau patron de Rolls-Royce contesté pour son « golden hello » >
Les actionnaires de Rolls-Royce Holdings plc vont se réunir, ce jeudi à Bristol, à l'occasion de l'assemblée générale annuelle du motoriste britannique (l'activité voitures de luxe a été reprise par BMW en 1998). Et tout le monde s'attend à une atmosphère houleuse, lorsque la présidente du conseil d'administration, Anita Frew, sollicitera l'avis des actionnaires sur la rémunération du nouveau directeur général du groupe, Tufan Erginbilgic, qui a pris ses fonctions au tout début de l'année. Compte tenu des grandes difficultés connues par Rolls-Royce Holdings au cours des dernières années, le board a eu beaucoup de mal à trouver un successeur à Warren East, qui était aux commandes de la société depuis 2015.
Alors que ce dernier percevait un salaire fixe annuel de 967 088 livres sterling – auquel s'est ajouté l'an passé un bonus de 2,74 millions de livres –, son successeur s'est vu attribuer, par le conseil d'administration, un salaire fixe de 1,25 million de livres, dont 30 % versés en actions pendant deux ans, plus un bonus annuel qui devrait être de 5 millions de livres cette année. Soit une rémunération totale supérieure de 68 % à celle de l'ancien patron. Mais ce qui irrite le plus les actionnaires du groupe, c'est que Tufan Erginbilgic, de nationalité turque et britannique, a exigé un « golden hello » de 7,5 millions livres, versable en deux annuités de 3,75 millions, afin de compenser les primes qu'il ne pourra pas recevoir de la part de son ancien employeur, le fonds d'investissement Global Infrastructure Partners. Par chance pour lui, cette sympathique prime de bienvenue lui a été distribuée sous forme d'actions dont la valeur a déjà progressé de 49 % depuis sa prise de fonctions. Le proxy advisor américain Glass Lewis conteste vivement l'attribution de cette prime et a recommandé aux actionnaires de voter contre l'ensemble du rapport sur les rémunérations.