Pourquoi la Société générale souffre-t-elle plus que ses concurrents ? >
En cinq ans, l'action de la Société Générale a perdu près de la moitié de sa valeur quand l'indice regroupant les principales valeurs bancaires européennes a vu ses pertes boursières être limitées à 15 %. Pourquoi cela ? Une première explication tient à une profitabilité jugée moins élevée que certains de ses concurrents. Ainsi, la rentabilité sous-jacente des fonds propres tangibles (ROTE) de la Société Générale est tombée l'an dernier à 9,6 %, contre 10,2 % pour BNP Paribas et 12,6 % pour le Crédit Agricole. En outre, elle est en retrait par rapport à ses rivales dans la banque d'investissement. D'après les données de Mergermarket, l'an dernier, SocGen est ressortie en sixième position du classement (en valeur) des conseils en opérations de fusion & acquisition en France, derrière Goldman Sachs, Rothschild & Co, BNP Paribas, JPMorgan et Lazard. Au premier trimestre, elle a chuté au 19e rang.
Par ailleurs, la banque dirigée par Frédéric Oudéa jusqu'à demain est très exposée à la banque de détail en France. Or les banques pâtissent dans l'Hexagone des effets du livret A dont le taux est lié à l'inflation et fixé par l'État. Cela pèse sur les marges des banques en les obligeant à payer davantage les déposants quand le taux monte, tout en limitant les avantages qu'elles tirent de la hausse des taux sur leur portefeuille de prêts. Au premier trimestre, la banque de détail en France a lourdement pesé sur les comptes de l'entreprise en accusant un recul de 11 % de son produit net bancaire et une chute de 56,3 % de son résultat net part du groupe. l