CVC, Apollo, KKR et EQT se ruent sur la dette privée >
Après KKR, Apollo, Blackstone, Carlyle et EQT, c'est au tour de CVC Capital Partners de solliciter l'approbation des autorités de régulation américaines afin de pouvoir investir sur le marché de la dette privée. Même si les transactions ont fortement ralenti au cours des derniers mois, il s'agit d'un secteur très rémunérateur, en raison notamment de la raréfaction du crédit bancaire et de la hausse des taux d'intérêt. En revanche, il y a de quoi s'interroger sur la pérennité de ce modèle économique dans la mesure où ces grandes institutions souhaitent participer au financement de leurs propres opérations. Si cette activité est très lucrative, comme en témoignent les revenus de l'ordre de 600 millions de dollars enregistrés l'an passé par KKR Capital Mar-kets, le fait de détenir à la fois des actions d'une entreprise, mais aussi la dette ayant permis de l'acquérir avec un gros effet de levier paraît assez acrobatique. Selon nos informations, le fonds EQT, créé par la riche famille Wallenberg, finance aujourd'hui, de cette manière, 10 % de ses propres transactions. Pour l'heure, cela semble l'apanage des sociétés de capital-investissement cotées. De surcroît, cela leur procure un pouvoir de négociation auprès des banques afin de pouvoir conclure un accord. Enfin, une telle pratique permet de montrer à d'autres prêteurs que les gros fonds de private equity sont prêts à participer au jeu. Tout cela montre à quel point la finance a bien peu de mémoire. Car la plupart des grands établissements financiers, qui ont disparu par le passé, sont ceux qui prêtaient de l'argent aux entreprises dont elles étaient actionnaires de manière à faire perdurer un modèle à bout de souffle. l