Daniel Kretínský veut brûler du charbon jusqu'en 2038 >
Opération de greenwashing pour Daniel Kretínský, dont le groupe EPH est l'un des principaux énergéticiens d'Europe centrale, mais aussi le principal exploitant de mines de lignite en Allemagne. Dans la foulée des annonces réalisées par des groupes tels que Teck Resources et Anglo American – qui ont restructuré leurs activités afin d'éliminer de leurs bilans les actifs liés au charbon –, EPH a annoncé il y a quelques jours son intention de transférer ses activités allemandes liées au lignite dans une nouvelle société sœur dénommée EP Energy Transition. Cela signifie que d'ici 2025 le bilan d'EPH ne portera plus d'actifs houillers. Il reste que tous les documents publiés par EPH mentionnent que les centrales à charbon de la nouvelle société EP Energy Transition devraient fonctionner jusqu'en 2035-2038. On a ainsi le sentiment d'assister à une répétition de ce qui s'était produit en 2016 lorsque Vattenfall AB s'était résolu à céder ses activités de lignite dans l'est de l'Allemagne. Fière de cet acte majeur en termes de décarbonation, l'entreprise suédoise avait déclaré que cette opération avait permis d'éliminer 57 millions de tonnes d'émissions annuelles de CO2 de son portefeuille. Le problème c'est que ces émissions n'ont pas disparu puisque c'est le groupe EPH de Daniel Kretínský, épaulé par le conglomérat tchèque PPF Investments de Petr Kellner, son beau-père, qui a racheté ces actifs et fait redémarrer les centrales au charbon mises en sommeil. Or EPH insiste pour brûler du charbon jusqu'en 2038, alors que Vattenfall avait annoncé son intention de réduire de 55 % ses émissions d'ici à 2030. De son côté, RWE, qui est le plus grand exploitant de charbon d'Allemagne, s'est engagé à mettre fin à l'utilisation du charbon en 2030, soit huit ans plus tôt que prévu, et a lancé des projets de scission de ses activités liées au lignite. l