Comment la famille Peugeot rebondit après l'affaire Orpea >
La société Peugeot Invest, qui réunit les intérêts de la famille Peugeot, a annoncé, il y a quelques jours, que son actif net réévalué s'établit à 5,5 milliards d'euros au 30 juin dernier. Ce qui traduit une performance de 15,3 % par rapport à la fin du premier semestre de 2022. Or, pendant toute cette période, le family-office des Peugeot a dû vivre la déroute de sa participation de 5 % dans Orpea ; un investissement réalisé en juillet 2011 et dont le prix de revient s'établissait à 115 millions d'euros. Après la restructuration financière du groupe réalisée sous l'égide de la Caisse des Dépôts, cette participation était valorisée à 6 millions au 30 juin dernier.
Peugeot Invest a professionnalisé ses processus de gestion au cours des trois dernières années, depuis que Bertrand Finet, ancien dirigeant du FSI, est devenu directeur général à la place de Robert Peugeot, désormais président non exécutif. Plus récemment, Sébastien Coquard a été nommé directeur général adjoint. Bien sûr, Peugeot Invest a la chance d'avoir comme actif principal sa participation de 7,2 % au capital de Stellantis, troisième constructeur automobile mondial, issu de la fusion entre PSA et Fiat. Cela lui a permis d'encaisser récemment un dividende de 300,5 millions d'euros, en hausse de 29 % par rapport à l'année précédente. La moitié de cette somme a été investie, il y a quelques jours, dans la banque d'affaires Rothschild & Co, à l'occasion de sa sortie de la Bourse et de l'offre publique lancée par la holding familiale Rothschild Concordia. Mais les Peugeot ont également décidé d'investir 20 millions au capital de Gruppo Florence, leader de la confection d'articles de luxe « made-in-Italy », pour le compte des grandes maisons (LVMH, Hermès, Gucci, Balenciaga…). Le groupe, constitué de 26 sous-traitants indépendants, vient de faire l'objet d'une prise de contrôle par Permira. Par ailleurs, Peugeot Invest a pris des tickets intéressants. Comme ces 25 millions d'euros investis au capital de Nomios, leader européen dans les services en cybersécurité et des infrastructures réseau, récemment repris par Keensight qui l'a emporté sur Wendel. Ce groupe a plus que triplé de taille en l'espace de six ans. Autre investissement prometteur : les 18 millions placés aux côtés de Summit Partners dans la legaltech Doctrine. C'est dire si la page Orpea est bel et bien tournée. l