La pression vendeuse sur Atos met en péril son refinancement >
Au cours des quatre dernières semaines, l'Autorité des marchés financiers a publié plus de 25 déclarations de positions « short prises » par des hedge funds, voire de grandes banques françaises et internationales, chacune portant sur plus de 0,5 % du capital d'Atos. Selon le site d'informations shortsell.nl, la position vendeuse sur le titre Atos représente désormais 17 % du capital. Elle s'est fortement accrue juste après le communiqué du 1er août dernier annonçant l'entrée en négociations exclusives du groupe présidé par Bertrand Meunier, avec celui de Daniel Kretínský, afin de lui céder la totalité du capital de Tech Foundations. Ce même communiqué annonçait la réalisation d'une augmentation de capital d'Atos SE (futur Eviden) d'un montant de 900 millions d'euros (dont 180 millions sur la base d'un cours de 20 euros réservés au tycoon tchèque et à son associé français, le groupe Fimalac de Marc de Lacharrière). Avec un cours de Bourse divisé par trois en moins de trois mois et tutoyant désormais les 5 euros, on voit mal comment l'augmentation de capital à 20 euros pourrait avoir lieu. D'ailleurs, Daniel Kretínský serait en train de tout mettre en œuvre pour se soustraire à cet engagement. Quant à l'augmentation de capital de 720 millions d'euros, elle fait l'objet d'un engagement de garantie par BNP Paribas et J.P. Morgan. Mais renseignements pris auprès de ces banques, cet engagement porte sur la totalité des droits de souscription et sans indication du niveau de cours. La pression vendeuse est telle aujourd'hui sur le titre Atos que si – par extraordinaire ! – cette augmentation de capital avait lieu, elle serait extrêmement dilutive pour les actionnaires d'Atos, dans la mesure où la capitalisation boursière du groupe n'est plus que de 550 millions d'euros. Et si l'augmentation de capital ne peut intervenir, c'est tout le plan de refinancement d'Atos qui s'effondre. Une hypothèse qui autoalimente la pression vendeuse.