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Business / 13/11/2023

… qui doit céder des actifs

Depuis l'annonce du 4 octobre dernier, la Place de Paris s'interroge sur la manière dont Alstom a pu connaître cet incident de trésorerie sans réagir. Certains attribuent ce revers au changement de directeur financier. Mi-avril, Laurent Martinez, directeur financier depuis juillet 2018, a annoncé qu'il allait rejoindre Orange en septembre pour occuper le poste laissé vacant par le départ de Ramon Fernandez pour CMA CGM. Son successeur, Bernard Delpit, est arrivé le 30 juin en provenance du Groupe Bruxelles-Lambert, dont il était directeur général adjoint. Mais d'autres attribuent cet incident à un vrai problème de gestion et d'organisation du groupe. Ce qui renvoie la responsabilité de ce qui s'est passé à Henri Poupart-Lafarge. Le problème d'Alstom est que sa gouvernance est très faible avec un conseil d'administration où les seules personnes qui comptent sont José Gonzalo, le directeur exécutif de Bpifrance, et Kim Thomassin, la responsable de la stratégie d'investissement chez CDPQ. Tous deux font partie du comité d'audit. Ce mercredi, le marché attend l'annonce de mesures fortes montrant que les dirigeants d'Alstom ont pris la mesure de l'incident de trésorerie qui est arrivé. Des cessions sont en cours de négociations (notamment des joint-ventures en Chine ou l'activité signalisation fret aux États-Unis) et pourraient être annoncées le 15 novembre. Le groupe serait aussi à la recherche d'un nouvel actionnaire de long terme. Mais les candidats ne se précipitent pas. En revanche, l'hypothèse d'une augmentation de capital semble exclue. Compte tenu de la pression vendeuse (plus de 28 % du capital est vendu à découvert), un tel projet serait suicidaire. Il reste que l'agence Moody's, qui a abaissé la perspective d'Alstom, tout en maintenant sa notation à Baa3, est prête à accorder quelques mois à Alstom pour restaurer son bilan. Et surtout, montrer que le groupe parvient à intégrer Bombardier. Faute de quoi, une dégradation de la note mettrait Henri Poupart-Lafarge sous la pression de ses actionnaires, du marché et des banquiers.

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