… et pousse ses pions en Italie >
À l'occasion de la présentation des derniers résultats trimestriels du groupe Iliad, les observateurs ont pu noter que la filiale italienne du groupe, qui a démarré ses opérations il y a seulement cinq ans, revendiquait déjà 10,6 millions d'abonnés, soit 22 % du nombre total des abonnés du groupe. Un véritable succès qui se poursuit, puisque le chiffre d'affaires de cette filiale a progressé de 13 % par rapport au trimestre précédent. Il y a dix-huit mois, Xavier Niel avait proposé de racheter Vodafone Italia pour 11,25 milliards d'euros. Depuis, avec un peu moins de 3 % de Vodafone, Xavier Niel est devenu un interlocuteur de la société. Il a joué un rôle dans le changement de gouvernance qui a permis à l'ancienne directrice financière, Margherita Della Valle, de prendre la tête du groupe en janvier. Or celle-ci connaît bien le marché italien qui est, pour Vodafone, l'un des plus difficiles, et où son chiffre d'affaires accuse un repli de 2,4 %, avec une baisse de 15 % de l'Ebitda. Au moment où sa stratégie de redressement commence à porter ses fruits, ce n'est un secret pour personne qu'elle regarde avec regret l'offre faite par Iliad en février 2022. Le discours officiel, à Londres, est que, s'agissant de l'Italie, Vodafone regarde actuellement toutes les options. Mais, en cas de décision de vente, Xavier Niel est évidemment le mieux placé. Pour l'heure, les deux parties attendent que la Commission européenne clarifie sa doctrine en matière de rapprochements dans les télécoms, notamment à la lumière de ce qui se passe en Espagne. Tout signal positif sera mis à profit pour restructurer le marché italien. Et cela se fera au profit de Xavier Niel. Qui, sur ce terrain-là, aura montré plus de flair et d'agilité que Vincent Bolloré embourbé chez TIM. l