Changements de façade au sommet d'Ardian >
Réunie le 22 novembre dernier, l'assemblée générale d'Ardian, notamment composée de plus de 500 salariés actionnaires, a approuvé, avec une très large majorité, les nominations de Mark Benedetti, en tant que directeur général, et de Mathias Burghardt, Vladimir Colas et Jan Philipp Schmitz, en tant que directeurs généraux délégués. Ces nominations avaient été annoncées le 14 septembre dernier. Au sein du fonds de private equity, on précise qu'il s'agit là d'un renforcement de la gouvernance. Mais, selon les statuts d'Ardian Holding, les pouvoirs du directeur général sont les mêmes que ceux de la présidente, Dominique Senequier, âgée de 70 ans, qui ne semble pas désireuse de lâcher les commandes, même si elle passe de plus en plus de temps à New York, où elle a acheté un appartement dans l'Upper West Side, pour la somme de 15 millions de dollars, sur Central Park West, tout près du Muséum d'Histoire naturelle.
Si la valeur d'Ardian est passée, en l'espace de dix ans, de 510 millions d'euros à 6 milliards d'euros, l'actualité récente du groupe a été marquée par les départs de cadres dirigeants qui ont participé à cette croissance. Dernier en date : celui de Jérémie Delecourt, ex-bras droit de Dominique Senequier, qui avait sous sa coupe la communication et les ressources humaines. Toute la question, aujourd'hui, est de savoir comment le comité de surveillance exerce le rôle de contre-pouvoir qui lui est attribué par les statuts. Celui-ci est présidé par Patrick Thomas, 76 ans, ancien patron d'Hermès, assisté par Didier Deconinck, 76 ans. À noter qu'Hermès détient environ 12 % du capital d'Ardian, mais ne mentionne aucune donnée sur cette participation dans son document d'enregistrement universel. De surcroît, Dominique Senequier est membre du conseil de surveillance d'Hermès (donc de l'un de ses actionnaires) depuis plus de dix ans.