Interrogations sur les manœuvres de la famille Bettencourt >
En pleine trêve des confiseurs Françoise Bettencourt-Meyers, fille unique de Liliane Bettencourt et petite-fille d'Eugène Schueller, le fondateur de L'Oréal, a apporté 27 650 000 actions L'Oréal qu'elle détenait directement à une coquille créée il y a une dizaine d'années et dénommée la Financière de l'Arcouest. Ce nom fait référence à la résidence secondaire qu'Eugène Schueller avait fait construire dans les années 1920 sur la pointe de l'Arcouest, dans la commune de Ploubazlanec, non loin de Paimpol. Cette villa était le refuge de Liliane Bettencourt, notamment lors de la triste affaire qui porte son nom. Toute la question est de savoir pourquoi Françoise Bettencourt, épouse de Jean-Pierre Meyers et mère de Jean-Victor Meyers et Nicolas Meyers a transféré ainsi 5,16 % de L'Oréal à une coquille dotée de quelques milliers d'euros de liquidités et qui avait été créée en 2011, notamment dans le but de prêter de l'argent à Stéphane Courbit. Si comme on l'assure chez L'Oréal, cette opération n'a pas de signification, alors pourquoi la faire ? Si, au contraire, elle a un but, ce peut être de donner des moyens supplémentaires à Françoise Bettencourt pour diversifier son patrimoine. Elle détient déjà le family office Tethys, qui a créé avec succès la structure de private equity Thethys Invest. Dotée d'un actif de 11,2 milliards d'euros, la Financière de l'Arcouest peut, sans vendre la moindre action L'Oréal, obtenir un prêt afin de saisir une belle opportunité. Il y a quelques années, la famille avait étudié l'hypothèse d'une entrée au capital de Pernod Ricard avant d'y renoncer, tout en faisant rentrer Alexandre Ricard au board de L'Oréal. Tout est possible. En tout cas, cette structure est un outil patrimonial de plus.