Renault veut faire coter Ampere en plein ravage de la bulle des véhicules électriques >
C'est pour cette première moitié de l'année 2024 qu'est prévue l'introduction en Bourse d'Ampere, la structure qui rassemble, depuis le 1er novembre dernier, l'ensemble des activités véhicules électriques de Renault (les usines comme la technologie). Au mois de novembre dernier, un capital market day a été consacré à présenter les particularités de cette société. Peu de détails ont été communiqués sur ses perspectives financières en dehors d'un breakeven en 2025 concernant le cash-flow d'exploitation. Il y a quelques semaines, Luca de Meo, le directeur général de Renault qui sera aussi le patron d'Ampere, s'était laissé aller à imaginer une valorisation de 8 voire 10 milliards d'euros pour cette société non profitable. Pour mémoire, Renault affiche actuellement une capitalisation boursière de 10,6 milliards d'euros. Le problème de l'introduction en Bourse d'Ampere c'est que son « momentum » ne paraît pas optimal. Car les investisseurs mondiaux viennent d'assister – un peu pantois – à l'éclatement de la bulle des véhicules électriques. Qu'on en juge : la capitalisation boursière maximale combinée de Nikola, Fisker, Rivian Automotive, Lucid, XPeng, Polestar Automotive, Canoo et Lordstown Motors était d'environ 470 milliards de dollars il y a deux ans. Aujourd'hui, ce même total s'élève à environ 59 milliards de dollars, soit une baisse de 87 %. Les investisseurs semblent avoir perdu de l'appétit pour les actions qui ne génèrent pas de flux de trésorerie disponibles. Pour preuve : ce groupe de neuf sociétés a utilisé collectivement environ 46 milliards de dollars en espèces pour développer ses activités et additionner seulement 420 000 ventes de véhicules en 2023. Si l'on fait le même exercice avec les trois fabricants de véhicules électriques rentables, Tesla, BYD et Li Auto, leur capitalisation boursière maximale était d'environ 1 400 milliards de dollars. Aujourd'hui, elle n'est plus que de 900 milliards, dont 770 milliards pour Tesla. Il ne faut pas s'étonner, dès lors, que certains analystes n'évaluent Ampere qu'à 3 ou 4 milliards d'euros. Bien loin des rêves les plus fous de son patron.