L'investissement des entreprises en mauvaise posture >
Composante importante de la demande interne, l'investissement des entreprises est l'un des canaux à travers lesquels la Banque centrale européenne (BCE) souhaite agir en vue de ramener l'inflation dans son lit. En France, « à court terme, le niveau élevé des taux d'intérêt va inciter les entreprises à jouer la protection de leur trésorerie au détriment des investissements, dans l'attente d'une reprise de la consommation privée », explique Stéphanie Villers, conseillère économique de PwC France et Maghreb. Si, d'après les économistes de l'Insee, la formation brute de capital fixe (FBCF) devrait croître à un rythme soutenu dans les services (hors construction), soit 47 % du PIB, lors du premier semestre 2024 (1 %), l'histoire est bien différente pour l'autre versant de l'économie hexagonale. L'augmentation du coût du capital contribuera à ce que l'investissement en produits manufacturés recule de 1 % sur les six premiers mois de l'année tandis que celui dans la construction pourrait décroître de 1,4 %. Du côté de la Banque de France, on s'attend à ce que l'investissement des entreprises ne progresse « que » de 0,5 % en 2024, après 4,1 % en 2023. Cela handicapera nettement notre croissance : 14 % du PIB dépend de l'investissement des entreprises.