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Business / Publications financières / 11/03/2024

Pourquoi la Bourse maltraite le groupe Dassault Aviation…

S 'il est d'usage de dire que la Bourse a toujours raison, cela ne signifie pas qu'elle a raison tous les jours. Il y a quelques jours, les mêmes investisseurs ont à la fois salué les résultats de Thales pour l'exercice 2023 et affiché leur déception face à ceux de Dassault Aviation. Puisque le titre de l'avionneur a reculé de 5 % après que ses dirigeants ont annoncé souffrir – comme Thales – de difficultés d'approvisionnement de pièces électroniques. Une particularité que connaissent aussi des groupes comme Airbus et Safran. Pourtant, les bruits de bottes au Proche-Orient, comme sur le front russo-ukrainien, devraient pousser l'intérêt des investisseurs pour Dassault Aviation, dont l'action a progressé de 71 % au cours des deux dernières années. En dépit de cette bonne performance, ce titre reste très sous-évalué. On pourrait même dire que la Bourse valorise à zéro le fonds de commerce de Dassault Aviation, ses très nombreux brevets, ses bureaux d'études et son carnet de commandes record qui lui garantit dix années d'activité. Explications. Dassault Aviation reconnaît disposer, au 31 décembre dernier, d'une trésorerie de 7,3 milliards d'euros.

À cela, il faut ajouter une participation au capital de Thales qui représente 26 % du capital de l'équipementier, soit le même niveau de détention que l'État. Or l'action Thales a progressé de 77 % depuis l'entrée des chars russes en Ukraine le 24 février 2022. Si bien que la seule participation de Dassault Aviation représente plus de 8 milliards d'euros. Ajoutés à la trésorerie, ces deux éléments d'actifs ont donc une valeur de 15,3 milliards d'euros. Si l'on retranche les 260 millions d'euros de dettes, l'actif financier de l'avionneur est de 15 milliards d'euros, alors que sa capitalisation boursière n'est que de 14,9 milliards d'euros. Une aberration qui explique pourquoi l'entreprise rachète ses propres titres. Ce qui a permis à la famille Dassault de voir sa participation passer en un an de 62,2 à 66,8 % au capital de l'entreprise créée par Marcel Dassault.

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