Le diamantaire Messika cherche à ouvrir son capital à un partenaire >
L e joaillier français Messika est à la recherche, depuis plusieurs semaines, d'un partenaire capitalistique. Valérie Messika, à l'origine de cette success-story, avec son mari Jean-Baptiste Sassine et son père André Messika, a confié un mandat à la banque JP Morgan afin de trouver un investisseur susceptible d'acquérir une participation minoritaire au sein de ce diamantaire qui a pour clientes les chanteuses Beyoncé et Rihanna. Pour cela, la banque de la place Vendôme a valorisé Messika à 1 milliard d'euros. Selon nos informations, à ce jour, seules deux marques d'intérêt non engageantes ont été reçues par la société. La première émane du bureau londonien du fonds 65 Equity Partners. Celui-ci gère un peu plus de 3 milliards d'euros d'actifs et est abondé par le singapourien Temasek. La seconde a été formulée par le fonds Florac Investissement créé par Marie-Jeanne Meyer, la sœur de Robert Louis-Dreyfus, et dirigé par Léopold Meyer. Messika est une entreprise à part dans le secteur de la joaillerie avec un positionnement de « luxe abordable » et une croissance très forte, puisque son chiffre d'affaires – supérieur à 200 millions d'euros – a doublé au cours des deux dernières années, grâce à ses 550 points de vente dans plus de 75 pays. Créée en 2005, l'entreprise offre un potentiel de croissance notamment en Asie, où la marque n'est présente qu'à Tokyo, Hong Kong, Shenzhen et Séoul, mais aussi aux États-Unis, où elle a noué un partenariat avec le distributeur suisse Bucherer. Si Valérie Messika est prête à ouvrir son capital, c'est notamment pour financer un développement en Chine et en Inde. Mais JP Morgan a tout fait pour dissuader de grands groupes tentés par cette aventure comme Richemont ou LVMH. Car la fondatrice ne veut pas renoncer à son indépendance et à la direction artistique qu'elle exerce elle-même. Il reste que le prix demandé a dissuadé d'autres investisseurs. Il représente cinq fois le chiffre d'affaires alors que LVMH a acquis le contrôle de Bulgari pour un montant équivalent à quatre fois le volume des ventes.