Atos confronté à un double enjeu de comptabilité… >
C' est ce mercredi qu'Atos publiera ses comptes définitifs. La société présidée par Jean-Pierre Mustier s'était engagée à les diffuser le 29 février dernier, mais les commissaires aux comptes ont demandé un délai afin de réaliser un « impairment test », consistant à regarder s'il y avait lieu ou pas de déprécier les survaleurs figurant au bilan. Un sujet important dans la mesure où ce goodwill s'établissait au 30 juin 2023 à 5,1 milliards d'euros. Un montant plus d'une fois et demie supérieure à celui des capitaux propres. Parallèlement, le cabinet Accuracy travaille sur une IBR (Intern Business Review) comprenant un état des lieux et un business plan pour savoir le montant de charges financières que le groupe est capable d'absorber à l'avenir. Selon certains analystes le nettoyage des survaleurs pourrait se traduire par une dépréciation de plus de 2 milliards d'euros. Une écriture non-cash qui viendrait s'ajouter à un résultat déjà déficitaire. Car si la marge opérationnelle d'Atos a progressé l'an passé, le coût des restructurations a avoisiné le milliard d'euros. Dans ces conditions, le montant des capitaux propres de 3,1 milliards d'euros au 30 juin pourrait se trouver ramené à la portion congrue face à un passif obligataire et bancaire de 5,1 milliards d'euros. Si la liquidité d'Atos n'est pas encore menacée à court terme, la question de sa solvabilité sera criante. Et tout cela c'est sans compter une éventuelle détérioration du besoin en fonds de roulement, comme celle apparue dans les comptes semestriels. Il semblerait en effet qu'Atos pouvait avoir comme fâcheuse habitude d'activer en fin d'exercice comptable du chiffre d'affaires à venir et, parallèlement, de retarder le paiement des éditeurs de logiciels. Ce qui avait pour effet d'améliorer le bas de bilan.