Xavier Niel a fait progresser de 50 % la valeur d'Iliad en trois ans >
Les résultats d'Iliad (opérateur de Free en France, d'Iliad Italia et de Play en Pologne) sont presque passés inaperçus. Peut-être car, n'étant plus coté depuis la fin de l'année 2021, il ne suscite plus autant d'intérêt. Pourtant, il convient de retenir deux points importants. D'une part, le recrutement de 787 000 nouveaux abonnés en France, où l'opérateur a fait le choix de ne pas augmenter ses tarifs. D'autre part, la progression de 4,2 % de l'Ebitda après loyers, qui atteint le niveau record de 3,44 milliards d'euros. Or ce paramètre est déterminant pour valoriser les acteurs de cette industrie avec un multiple moyen de 7,5 fois (pour le rachat en cours de Vodafone Italia il est de 7,8). Sur cette base, la valeur d'entreprise d'Iliad s'établit à près de 26 milliards d'euros. Une fois retranché l'endettement net de 10,2 milliards d'euros, on aboutit à une valeur « en equity » comprise entre 15,5 et 16 milliards d'euros. Or lorsque Xavier Niel a fait le choix de retirer Iliad de la cote au cours de l'été 2021 la valorisation retenue était de 10,7 milliards pour la totalité du capital (ce qui correspondait, en valeur d'entreprise, à un multiple de 9,4 fois l'Ebitda de 2020). Cela signifie qu'en l'espace de moins de trois ans Iliad a vu sa valeur croître de 50 %. Ce qui est considérable compte tenu du caractère très compétitif du marché des télécoms. À titre de comparaison, la valeur de Bouygues Telecom (hors endettement) s'établit pour 2023, à partir des mêmes ratios, à 12,1 milliards d'euros. Or l'action Bouygues est toujours au niveau qui était le sien à la fin de l'été 2021. Quant au titre Orange, il a progressé de 9 % sur cette période. Et ne parlons pas d'Altice France, propriétaire de SFR, dont la valorisation est plombée par la dette.