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Business / Restructuration / 25/03/2024

Patrick Drahi tente le coup de force avec les créanciers d'Altice France

Afin d'assainir sa situation financière, Patrick Drahi n'est ni en manque d'imagination ni en manque de culot. Une semaine avant la publication de ses résultats, il a annoncé être entré en négociations exclusives avec la famille Saadé pour la cession de 100 % d'Altice Media sur la base d'un prix de 1,55 milliard d'euros. De quoi laisser penser à ses créanciers qu'il entendait rembourser sa dette. Mais, lors d'un call avec les porteurs d'obligations, son directeur financier a rappelé qu'il avait la faculté juridique de ne pas affecter le produit de cette cession au remboursement de sa dette. En revanche, il a été question de faire participer les créanciers d'Altice France à une « transaction » qui permette à la dette de ne plus représenter que 4,5 fois l'Ebitda. Les hedge funds ont compris que Patrick Drahi entendait voir la dette d'Altice France passer de 25 à 15 milliards d'euros, grâce à un renoncement des créanciers pour un montant de 10 milliards d'euros. Ce qui a déclenché la colère des fonds Attestor Capital et Arini. Ils ont aussitôt mandaté la banque d'affaires Houlihan Lokey et les avocats de Milbank LLP. Initialement, conseillé par Lazard Frères, Patrick Drahi avait envisagé d'ouvrir le capital de SFR. Une opération qui s'est révélée impossible pour des questions de concurrence et pour des raisons juridiques. La réglementation américaine interdisant d'investir dans des sociétés où des malversations ont pu intervenir. Or le parquet national financier a confirmé, le 8 mars, avoir ouvert une enquête pour corruption.

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