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Business / 02/04/2024

ÉditorialPerseverare diabolicum !

Ce n'est pas un poisson d'avril. Il y a bien en France un ministre de l'Économie. Il s'appelle Bruno Le Maire. Et après avoir contribué, par son action – ou son inaction, au choix ! – à accroître la dette de près de 1 000 milliards d'euros en sept ans, il appelle le pays à se sevrer de son addiction à la dépense publique. Il est interdit de sourire face à cette révélation quasi religieuse. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de consensus au sommet de l'État sur la manière d'agir. Le Premier ministre veut dégonfler la sphère sociale en réformant une nouvelle fois l'assurance-chômage. Bercy plaide pour des coupes claires et des recettes de poche en puisant dans la trésorerie des nombreux opérateurs de l'État. François Bayrou et Yaël Braun-Pivet appellent à briser le tabou des hausses d'impôt. Une chose est certaine, la main de nos gouvernants tremble. Car, d'ici trois semaines, deux agences de notation risquent de sanctionner la France. Puis, dans deux mois, ce sont les électeurs qui pourraient faire comprendre leur mécontentement devant tant de légèreté. Et, pendant ce temps-là, le déficit grossit et la dette poursuit son envolée. Sans que personne ne bouge. Alors que le contrôle sur pièces fait par les sénateurs a révélé que le coup de rabot ne devait pas porter sur 10 milliards d'euros. Mais plutôt sur 30 milliards d'euros. L'erreur est humaine. Mais ne pas se corriger est diabolique. Albert Einstein avait vu juste en affirmant que l'« on ne peut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre ». Yves de Kerdrel

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