Comment Bernard Charlès est devenu un salarié milliardaire >
Depuis le début de l'année, Bernard Charlès, qui incarne la réussite de Dassault Systèmes, est président non exécutif de l'entreprise. Après avoir assumé la direction générale pendant vingt et un ans, il a laissé cette tâche à Pascal Daloz. Comme Charles Edelstenne, le fondateur de Dassault Systèmes, l'avait fait avant lui. Le voilà donc, à 66 ans, chargé d'organiser et de diriger les travaux du conseil d'administration et de mener, en particulier, les travaux du conseil sur les questions stratégiques. Les actionnaires de Dassault Systèmes, à commencer par la famille Dassault à travers leur navire-amiral, le Groupe industriel Marcel Dassault, peuvent être certains que Bernard Charlès sera aussi efficace dans ce rôle qu'il l'a été dans une fonction plus opérationnelle. Le voici en effet, désormais, à la tête de 25,2 millions d'actions de ce groupe de conception assistée par ordinateur, soit 1,88 % du capital. Ce qui représente un petit peu plus qu'un milliard d'euros. Il y a cinq ans, il ne détenait que 15 millions d'actions, soit 1,51 % du capital à ce moment-là. Et, il y a dix ans, le rapport annuel de Dassault systèmes indiquait qu'il était propriétaire de 1,17 million d'actions, soit 0,9 % du capital à l'époque. Bernard Charlès, qui a longtemps été le patron le mieux payé de France – en raison notamment de la valorisation de ses actions de performance (43,8 millions pour 2023) – va se voir attribuer, pour son nouveau rôle de président, une rémunération fixe de 2 millions d'euros. Mais la performance boursière de Dassault Systèmes, dont le titre a vu sa valeur multipliée par cinq en dix ans, montre à quel point cette politique de rémunération a servi les intérêts de tous les actionnaires, gros ou petits. Il est dommage que Bernard Charlès, soit une exception dans le capitalisme français, comme salarié et milliardaire.