Atos donne rendez-vous à ses créanciers le 8 ou 9 avril… >
Comme nous le laissions présager, la dépréciation de la moitié du goodwill d'Atos et d'autres éléments exceptionnels ont conduit le groupe, présidé par Jean-Pierre Mustier, à publier un résultat net part du groupe négatif à hauteur de 3,44 milliards d'euros. Si bien que les capitaux propres qui étaient, il y a un an, de 3,8 milliards d'euros ne représentent plus aujourd'hui que 55 millions… face à 4,6 milliards d'euros de dettes. Souhaitons que toutes les mauvaises nouvelles concernant cet ex-fleuron français des services informatiques soient sur la table. Car on a rarement assisté à un tel lessivage comptable effectué par les mêmes auditeurs qui avaient apposé, le 28 juillet dernier, leur signature sur des états financiers très éloignés de ceux dont on dispose aujourd'hui. Désormais, l'avenir d'Atos dépend d'une autre revue comptable – à la fois statique et dynamique – menée par le cabinet Accuracy. Une étude dont les conclusions ont été une nouvelle fois différées. Puisque rendez-vous a été donné aux créanciers la semaine du 8 avril – il est question du mardi 9 avril – pour une présentation des paramètres du « cadre de refinancement ». Avec pour but de boucler un accord sur « la structure du capital » d'ici à juillet. Aujourd'hui, la question n'est pas tant de trouver de quelle manière la dette sera écrasée, et dans quelles proportions, que de chercher à comprendre qui est en mesure de fournir des fonds propres à ce groupe et avec quelle ampleur. Pour l'instant, seul David Layani a levé le doigt pour dire qu'il était prêt à apporter de la « new money ». Mais bien qu'il ait de la suite dans les idées – depuis dix-huit mois il manifeste son intérêt pour Atos – il n'est pas certain qu'il ait les moyens d'injecter les 2 milliards nécessaires. Nicolas Dufourcq a indiqué que Bpifrance n'excluait pas d'intervenir en appoint d'une solution globale. Une chose est sûre : qu'il s'agisse des dirigeants d'Atos, des auditeurs, des banquiers prêteurs ou des pouvoirs publics, tout le monde se réveille bien tard dans ce dossier pourtant stratégique pour le pays.