Richemont pourrait enfin céder une partie de Yoox Net-A-Porter >
Le groupe Richemont espère bien trouver enfin un acheteur pour une participation de 47,5 % au capital du site de commerce électronique de produits de luxe, Yoox Net-A-Porter. Il y a deux ans, il avait conclu un accord avec le site britannique de mode en ligne Farfetch pour lui céder cette participation. Le but était de déconsolider cette activité fortement déficitaire. Mais si le gendarme britannique de la concurrence a autorisé la transaction, celle-ci n'a jamais pu être conclue. Car Farfetch, qui a perdu toute valeur, a été racheté par le chinois Coupang. Ce qui a mis fin au projet de cession. Johann Rupert, le patron de Richemont, ne désespère pas de sortir enfin – ne serait-ce que partiellement – de cette société que Richemont a acquise en 2018 pour 2,8 milliards de dollars. Il a mandaté Goldman Sachs. Et plusieurs candidats se sont d'ores et déjà manifestés. Notamment, les fonds de capital-investissement Bain Capital et Permira ainsi que le site américain de ventes en ligne de produits de luxe Mytheresa. La difficulté dans cette opération consiste à valoriser la participation mise en vente par Richemont, dans la mesure où Yoox Net-A-Porter reste déficitaire. Prudent, le groupe suisse a déjà passé des provisions pour dépréciation pour un montant de 1,8 milliard d'euros. Du côté de Permira, l'idée qui se trame derrière le rachat de cette participation serait de nouer un lien avec BestSecret, une société allemande de vente en ligne dont il étudie, par ailleurs, l'introduction en Bourse, sur la base d'une valorisation de 4 milliards d'euros. Le modèle économique de la vente en ligne de produits de luxe n'a toujours pas été validé, d'autant que les grandes marques veulent garder le contrôle de la distribution. L'effondrement de Farfetch, il y a quelques mois, aurait coûté plusieurs dizaines de millions d'euros à Artémis, la holding de la famille Pinault, qui avait pris un petit « ticket » au capital.