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Business / Restructuration / 15/04/2024

La situation d'Atos est bien plus dégradée que prévu…

La soirée du lundi avril a été très longue pour Jean-Pierre Mustier, le président non exécutif d'Atos, Paul Saleh, le directeur général, et les deux banquiers conseils de l'entreprise, Vincent Danjoux, associé-gérant de Rothschild & Co, et David Azéma, associé du bureau parisien de Perella Weinberg Partners. À 17 heures, ils ont commencé la présentation du plan d'affaires de la société et des paramètres financiers de sa restructuration financière devant les créanciers bancaires et obligataires – dûment enregistrés auprès du cabinet américain Kroll –, avant de terminer leurs discussions le lendemain à 3 heures du matin.

Au programme de cette restructuration, une réduction de la dette de 2,4 milliards d'euros (probablement par transformation de la dette en actions), une extension de cinq ans des échéances de la dette résiduelle, un apport de liquidités de 600 millions d'euros (en dette ou en equity), de manière à financer l'activité cette année et l'année prochaine, 300 millions de crédit renouvelables et 300 millions de lignes de garanties bancaires, afin de rassurer les signataires de contrats longs. Le but étant de retrouver une notation BB avec un levier correspondant à trois fois l'Ebitda attendu pour fin 2025 et deux fois celui estimé pour 2026. L'équation de ce refinancement à multiples inconnues doit être bouclée idéalement pour le 15 juin prochain avec le concours d'Hélène Bourbouloux. De manière que tout le schéma soit agréé et verrouillé pour le 12 juillet. Les apporteurs de « new money », les créanciers obligataires qui sont principalement des hedge funds et les banques sont invitées à faire part de leur proposition aux dirigeants d'Atos d'ici le 26 avril. Ce n'est qu'après cette date qu'auront lieu les négociations entre les différents protagonistes, de manière à arriver à la mi-juin avec un schéma global.

En attendant, les acteurs du dossier ont eu le droit à « une surprise du chef » avec la mise en place d'un financement intérimaire de court terme de 450 millions d'euros (300 apportés par certaines banques, 100 par certains porteurs d'obligations et 50 prêtés par l'État – à travers le Fonds de développement économique et social – en contrepartie d'une action de préférence chez Bull). Alors que, le 26 mars dernier, la société assurait avoir « suffisamment de liquidités pour la conduite de ses activités jusqu'à la conclusion d'un plan de refinancement ».

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