La deeptech Menta lève 50 millions d'euros pour devenir un géant >
Dans la course à l'intelligence artificielle à laquelle se livrent les grandes puissances, la France dispose – peut-être – d'un atout maître avec la deeptech Menta, basée à Sophia-Antipolis et que dirige Vincent Markus. Cette entreprise, qui dispose d'un soutien technologique du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et de grandes entreprises comme Dassault Systèmes et Thales, développe les logiciels et les dessins qui permettent aux fondeurs et fabricants de créer les circuits des microprocesseurs. Menta se positionne ainsi comme le leader mondial de l'eFPGA (pour Embedded Field Programmable Gate Array). Derrière cet acronyme hermétique au non-spécialiste se cache une technologie d'avenir critique pour gagner la bataille des semi-conducteurs. Elle permet une mise à jour récurrente des puces sans avoir à les remplacer. Un atout important dans la mesure où les algorithmes d'intelligence artificielle évoluent souvent. Cela permet donc une adaptation des puces aux nouveaux besoins de l'IA et de l'edge computing, un investissement moins risqué pour les produire (pas de risque d'obsolescence entre les délais de conception et de production) et une division par dix de la consommation énergétique. Avec quatre brevets mondiaux, Menta, qui a reçu le label France 2030, est propriétaire à 100 % de sa technologie. Menta, qui est la seule entreprise au monde à maîtriser cette technologie, veut accélérer son développement et renforcer son bilan pour devenir un partenaire crédible auprès des grands donneurs d'ordre du secteur. Pour cela, la société, qui a déjà reçu le soutien de la Banque européenne d'investissement, procède à une levée de fonds d'une cinquantaine de millions d'euros auprès d'investisseurs ou d'industriels. l