Atos a perdu toute crédibilité… >
L es chiffres qu'Atos a publiés au titre du premier trimestre 2024 sont terribles : avec une marge opérationnelle qui se dégrade à toute vitesse à 1,9 % du chiffre d'affaires contre 3,3 % il y a un an ; avec un carnet de commandes qui s'étiole faute de visibilité sur l'avenir d'Atos ; avec une trésorerie qui a chuté de 1,4 milliard d'euros en trois mois ; avec un endettement net qui a augmenté de 1,6 milliard dans la même période ; et donc, pour finir, avec un « business plan » présenté le 8 avril dernier devenu obsolète en l'espace de deux semaines. C'est à se demander s'il y a un commandant à bord de ce Titanic et ce que le vrai marin qu'est Jean-Pierre Mustier est venu faire dans cette galère. À partir du moment où, de manière désormais régulière, le groupe annonce une « baisse des actions spécifiques sur le fonds de roulement », ce qui est une autre façon de parler d'une « remise en ordre comptable », on peut se demander si, au-delà de la dette financière que l'on connaît, le groupe ne cache pas des engagements hors bilan et de futurs coûts latents de réorganisation et de restructuration bien supérieurs à ce qui a été annoncé. C'est ce qui transparaît à travers le report, au vendredi 3 mai, des dossiers attendus de la part des éventuels apporteurs de « new money ». Car il faudra une réduction de la dette bien plus importante que les 2,4 milliards d'euros de « write-off », évoqués le 8 avril, et une injection de cash supérieure aux 600 millions (hors RCF et garanties sur contrats futurs). Quelqu'un a écrit que « le mensonge est la première mort du malade ». En occultant trop longtemps sa situation économique réelle Atos a compromis son espoir de retrouver un jour la santé.