Comment Benoît Ribadeau-Dumas a fait gagner un milliard aux Agnelli >
Dans sa dernière lettre aux actionnaires d'Exor – la société d'investissement qui gère les intérêts de la famille Agnelli dans l'automobile, la santé ou le capital-risque – John Elkann, le petit-fils de Giovanni Agnelli, exprime ses remerciements à Benoît Riba-deau-Dumas, son directeur général, « pour sa détermination et ses efforts pour construire notre relation avec Philips ». Il est vrai que, lorsque dans la torpeur estivale du 15 août 2023 Exor a annoncé avoir acquis, avec l'aide de Goldman Sachs, 15 % du capital de Philips pour un montant de 2,6 milliards d'euros, beaucoup ont exprimé leur scepticisme. Notamment, parce que le groupe traînait une mauvaise réputation à la suite de problèmes causés par certains de ses respirateurs. Toute cette opération a été initiée dès la fin de l'année 2022 par Benoît Ribadeau-Dumas, l'ancien directeur de cabinet d'Édouard Philippe à Matignon. Les discussions se sont intensifiées en janvier 2023, après la présentation d'un plan de création de valeur à long terme. Ce qui a conduit Exor à acquérir, au 30 juin 2023, une participation initiale de 2,99 % au capital de Philips. La holding avait été conseillée sur la partie juridique par le cabinet d'avocats Allen & Overy. La bonne surprise, jouée et attendue par Exor, est arrivée le 29 avril dernier lorsque Philips a annoncé avoir conclu un accord qui met fin au contentieux sur les fameux respirateurs. Pour cela, le groupe a accepté de payer 1,1 milliard de dollars, soit la moitié de ce que les analystes financiers anticipaient. Aussitôt, l'action Philips a bondi de 30 %. Et la participation détenue par Exor s'est appréciée de 900 millions d'euros en quelques minutes. Au-delà de cette plus-value latente, la famille Agnelli entend accompagner Philips dans ses développements autour de la santé. Exor, qui a la possibilité de monter sa participation à 20 %, est engagé par une clause de lock-up. La holding ne peut pas revendre ses titres au cours des trois prochaines années. Cela tombe bien : dans sa lettre aux actionnaires John Elkann évoque à cette échéance une rentabilité record comprise entre 15 et 20 % pour Philips.