Jamais deux sans trois : du TBTF au TBTS >
La confédération helvétique s'apprête à relever les exigences de capitaux propres des banques dites d'importance systémique (SIB), selon un rapport rendu public le 10 avril, qui s'inscrit dans la mise à jour régulière de la réglementation de 2012 Too Big to Fail (TBTF). La Suisse compte quatre banques SIB : UBS, la banque cantonale de Zurich (ZKB), Raiffeisen et PostFinance. Après deux sauvetages, la question du TBTF devient celle du Too Big To Save.
Même si UBS, qui affiche un ratio CET1 de 14,8 %, au-delà des contraintes réglementaires, refuse d'augmenter de près de 20 milliards ses fonds propres, arguant que son bilan ne représente « plus que » 2 fois le PIB helvétique contre 7 fois avant la crise de 2008, l'idée fait son chemin chez les politiques, toutes tendances confondues. « Passée la phase de restructuration, le principal risque auquel sera confronté UBS sera d'ordre réglementaire : si les autorités suisses augmentaient les contraintes de capitaux propres, le groupe serait moins rentable pour ses actionnaires », conclut Daniel Varela, CIO de la banque privée genevoise Piguet Galland. Ce durcissement soulève la question de la taille des banques et des éventuels freins à leur croissance, parce que ce ne sont pas des entreprises comme les autres. Et ce, à l'heure même où Emmanuel Macron appelle de ses vœux une consolidation bancaire au niveau européen, quitte à « ce que l'Europe revienne sur l'application des règles régissant les fonds propres des banques et assureurs et pour s'aligner sur les États-Unis, afin de ne pas accorder un avantage concurrentiel aux banques américaines ».