La famille Pinault a nanti 11 % de ses actions Artémis >
À lire le Document universel d'enregistrement publié par Kering à partir de ses éléments financiers concernant l'exercice 2023, il est possible d'apprendre que 4,6 % du capital de Kering fait l'objet d'un nantissement. Les 5,68 millions d'actions données en gage appartiennent toutes à Artémis, le navire-amiral de la famille Pinault. Cette société patrimoniale, qui détient 42,2 % du capital, a donc placé en gage, auprès de trois établissements financiers différents, 10,9 % de sa participation. Les titres Kering lui ont notamment permis de souscrire des emprunts auprès de Crédit Agricole Corporate and Investment Bank (Cacib). Selon nos informations, Artémis a notamment utilisé ce levier financier pour obtenir de la banque d'affaires du Crédit Agricole, le 26 septembre dernier, un prêt de l'ordre de 1,5 milliard d'euros afin de financer l'acquisition de 53 % du capital de l'agence de talents américaine Creative Artists Agency. À cela s'est ajouté un prêt conclu auprès d'un pool de banques dirigé par Bank of America pour un montant de 425 millions de dollars. Il est possible d'affirmer qu'en agissant ainsi François-Henri Pinault a (presque) fait une bonne affaire puisque, depuis la mise en place de ce nantissement, les actions Kering ont reculé de 23 %. S'il devait refaire la même opération aujourd'hui, il devrait mettre en gage un million de titres supplémentaire. Même si le dixième des titres détenus par Artémis au capital de Kering sont nantis, cela n'empêche pas la holding d'utiliser ses droits de vote ni de bénéficier du dividende. Ce procédé a été largement utilisé par Vincent Bolloré pour monter au capital de Vivendi il y a quelques années. Il procède actuellement au remboursement de ses emprunts. De manière qu'aucune sûreté ne pèse sur les titres Vivendi au moment de la scission du groupe.