Meridiam a vu ses commissions et son bénéfice baisser en 2023 >
L e fonds d'Infrastructures Meridiam, qui va fêter l'an prochain son vingtième anniversaire, est une belle réussite dans le domaine du financement des infrastructures. Créé par Thierry Déau, un ingénieur des Ponts et Chaussées passé par la Caisse des Dépôts, Meridiam revendique aujourd'hui un montant d'actifs gérés de 22 milliards de dollars, soit près de 20,5 milliards d'euros. Au cours de 2023, Meridiam a investi environ 3 milliards de dollars à travers ses différents fonds dans des projets aussi divers que la protection de la ville de Nouakchott, en Mauritanie, l'acquisition de Conrac Solutions, l'un des principaux développeurs et exploitants d'infrastructures de mobilité pour les aéroports aux États-Unis ou une installation de gaz naturel renouvelable réalisée avec Suez dans le sud-ouest de la France. Néanmoins, le montant des investissements réalisés a été très inférieur à celui affiché en 2022 avec pas moins de 4 milliards de dollars. Surtout l'an passé Meridiam a enregistré une baisse de 10,6 % de ses commissions de gestion qui composent l'essentiel de son chiffre d'affaires. En cause, la quasi-disparition des success fees : 27,4 millions d'euros en 2022 et seulement… 1,2 million d'euros l'an passé. Un mauvais signal envoyé aux investisseurs qui accompagnent Meridiam et surtout à l'assureur coréen Samsung Life qui a pris l'an passé 20 % du capital de Meridiam. De fait, la baisse du chiffre d'affaires du fonds a entraîné une chute de 28 % du bénéfice social à 22,58 millions d'euros. Toutefois, alors que l'an passé Meridiam n'avait pas distribué de dividendes, cette année la distribution s'élève à 19,5 millions d'euros, dont 80 % vont atterrir dans les caisses de Meridiam Infrastructures Partners, la société de gestion. Thierry Déau qui détient 45 % du capital de cette dernière via la holding 54 Invest, envisage donc de se verser un dividende de 4 millions d'euros.