Sanofi penche pour une IPO de sa division grand public >
À la fin du mois d'octobre dernier, Sanofi a annoncé son intention de se séparer de son activité de santé pour le grand public, qui produit notamment le Doliprane. Le groupe pharmaceutique avait expliqué vouloir l'introduire en Bourse à la fin de cette année, en espérant en tirer une valorisation de l'ordre de 20 milliards d'euros. C'est Rothschild & Co qui a été mandatée pour conseiller les dirigeants de Sanofi. Le banquier en charge du dossier est Robert Rozemulder, qui travaille de concert avec François Wat, le meilleur connaisseur des marchés boursiers au sein de la maison aux cinq flèches. La tâche du banquier conseil est d'autant plus difficile que, depuis cette annonce, Sanofi est sollicité par la plupart des grands fonds d'investissement intéressés par le rachat de cette activité très rentable. Les Américains, Advent International et Blackstone, ont déjà fait savoir leur intérêt à racheter la totalité de cette activité. Mais d'autres fonds de LBO, comme Bain Capital, CVC Capital Partners, le Suédois EQT, appartenant à la famille Wallenberg, ou encore KKR, auraient également demandé avoir accès au dossier de présentation. Sans compter le Français PAI Partners qui entend bien faire valoir, en plus de sa puissance de feu financière, son caractère tricolore. Mais, selon nos informations, la bonne tenue des marchés boursiers, stimulée par la baisse des taux, le retour progressif des introductions en Bourse en Europe – notamment Galderma en Suisse – et la sensibilité politique du dossier, amène aujourd'hui les dirigeants de Sanofi à privilégier l'hypothèse d'une introduction en Bourse. Dans cette optique, le groupe dirigé par Paul Hudson et présidé par Frédéric Oudéa a mandaté également Goldman Sachs, Morgan Stanley et Bank of America, plus équipées qu'une banque d'affaires classique pour réaliser un placement de titres de cette importance et aller chercher les gros investisseurs institutionnels qui assureront le succès du placement. Car cette activité grand public, une fois cotée, aurait une capitalisation boursière très proche de celle de la Société Générale et double de celle de Carrefour. Ce qui fait de cette cotation un vrai défi. l