La Société Générale a la poisse >
E n l'espace d'un mois, l'action de la Société Générale, dirigée depuis un an par Slawomir Krupa, a perdu plus de 20 % de sa valeur. Sa capitalisation boursière est repassée nettement en dessous des 20 milliards d'euros et dépasse à peine les 18 milliards alors qu'elle affiche des fonds propres de 59 milliards d'euros. Bien sûr, comme toutes les valeurs bancaires, elle a été secouée dans le sillage des tensions sur le taux de rendement de l'OAT à dix ans. Bien sûr, juste avant cette dégringolade, le titre avait connu un petit regain spéculatif lié aux propos d'Emmanuel Macron, favorable aux fusions bancaires transfrontalières. Bien sûr, le programme très souverainiste du Rassemblement national a fait fuir tous ceux qui s'étaient mis à jouer un rapprochement de la Société Générale avec une autre banque européenne. Mais il apparaît que, bien plus que les autres (BNP Paribas ou Crédit Agricole), la banque de La Défense fait les frais de l'incertitude politique en France. De nombreux analystes s'accordent à penser que le secteur bancaire sera probablement celui qui souffrira le plus en raison des inquiétudes croissantes concernant les finances publiques françaises. Et, dans ce domaine, les banques ont dû « encaisser » la récente dégradation de la dette française par Standard & Poor's et le placement de la France par Bruxelles sous procédure de déficit excessif. À cela s'ajoutent des incompréhensions persistantes sur sa stratégie et sa politique de cessions tous azimuts. Après avoir cédé de nombreuses filiales africaines, la Société Générale cherche à vendre sa filiale de conservation de titres SGSS pour laquelle elle a le plus grand mal à trouver un acheteur. Le prix demandé par Slawomir Krupa (on parle d'un milliard d'euros) rebute les candidats potentiels parmi lesquels figure State Street, avec lequel les discussions sont au point mort.