Christine Lagarde et la BCE dans l'embarras face à Paris >
Face à l'instabilité politique française et le risque de panique sur les marchés financiers, la Banque centrale européenne (BCE)préfère temporiser. Cette stratégie d'évitement s'illustre parfaitement dans les propos de sa présidente, Christine Lagarde, qui affirmait simplement être « attentive » à la situation en France lors du séminaire annuel de la BCE à Sintra, début juillet. Le silence est de rigueur pour celle dont le moindre fait ou geste un peu trop orienté pourrait déclencher des réactions en chaîne sur les marchés financiers. Car si l'institution monétaire dispose des moyens d'agir – elle l'a prouvé en 2022 en Italie avec la mise en place du TPI, un instrument qui l'autorise à acheter de la dette d'un pays menacé et donc de tempérer la hausse des taux –, elle pourrait bien décider de laisser la France se débrouiller seule face à ses déboires tant que le risque de contagion à l'ensemble de la zone euro n'est pas avéré, surtout que les Allemands poussent en ce sens. D'autant que l'intervention de la BCE au moyen de cet instrument (il en existe d'autres) est soumise à condition : le pays bénéficiaire ne peut pas être sous le coup d'une procédure pour déficit excessif (ce qui est le cas de la France), ou, à défaut, il faut que son gouvernement dispose d'une trajectoire des finances publiques soutenable, ce qui n'est pas gagné non plus.