En Allemagne aussi la pression monte >
De part et d'autre du Rhin, l'élaboration d'un plan de route pour les finances publiques vire au calvaire. Après une première ébauche, finalement désavouée mi-juillet par une partie de la coalition redoutant une censure de la Cour constitutionnelle – comme ce fut le cas en 2023 –, le budget fédéral allemand 2025 fait l'objet d'un nouvel accord depuis le 16 août dernier, au prix de négociations particulièrement tendues. Précaire, le compromis permet de réduire à 12 milliards d'euros le déficit de financement anticipé sur le prochain exercice, un montant pourtant toujours plus élevé que les 8 ou 9 milliards usuels. Les économies supplémentaires (5 milliards) s'ajoutent à des coupes précédentes sur le social, l'environnement et l'aide à l'Ukraine, réduite de moitié.
S'il respecte la règle du frein à l'endettement – limitant les nouveaux emprunts publics à 0,35 % du PIB par an – chère au ministre des Finances, Christian Lindner, le nouveau budget ne contente personne mais divise encore un peu plus une coalition à couteaux tirés, qui campe sur ses positions à l'approche des élections dans plusieurs Länder en septembre. Le Bundestag doit procéder à l'examen du projet de loi de finances dès la rentrée, pour une adoption d'ici à Noël, avec de probables modifications à la clé.