La scission de Vivendi va faire ressortir 18 milliards d'euros d'actifs… >
C 'est lundi prochain, dans l'après-midi, et mardi, dans la matinée, que les dirigeants respectifs de Canal+ et d'Havas rencontreront à Londres les principaux analystes financiers des secteurs de l'audiovisuel et de la publicité, afin de donner les perspectives des deux sociétés et permettre aux services de recherche des banques et des courtiers d'affiner leur valorisation pour ces deux sociétés. Depuis le 29 octobre, tous les détails juridiques et financiers de la scission de Vivendi sont connus. La valeur d'apport des actions du Groupe Canal + à la future société cotée Canal + est de 6,85 milliards d'euros. Ce qui est un peu inférieur à la valeur intrinsèque de 7,3 milliards estimée par JP Morgan. Il y a quelques jours, le Daily Telegraph indiquait qu'à Londres on tablait déjà sur une capitalisation boursière de l'ordre de 8 milliards d'euros. S'agissant d'Havas, qui va devenir une société de droit néerlandais et qui sera cotée sur la plate-forme d'Euronext à Amsterdam, ses actions seront octroyées aux actionnaires de Vivendi sous le régime de la distribution (avec la taxation idoine). Le montant de cette distribution a été estimé à 3,44 milliards d'euros.
Enfin, concernant Louis Hachette, qui regroupera la participation de 66,3 % actuellement détenue par Vivendi dans Lagardère et 100 % du groupe Prisma, la société a été valorisée pour un montant de 2,16 milliards d'euros. La banque JP Morgan retient pour sa part 2,22 milliards avant une décote que nous estimons inadéquate. Ces trois nouvelles sociétés cotées représentent donc – avant scission – un actif total de l'ordre de 13 milliards d'euros. À tout cela, il convient de rajouter les actifs – principalement des participations – qui resteront au bilan de Vivendi SE. Il y a notamment près de 10 % d'Universal Music, qui pèsent pour 4,2 milliards d'euros, 20 % de Banijay, 20 % de Media For Europe (groupe Berlusconi), 17 % de Telecom Italia, 100 % de Gameloft ou encore 11,7 % de l'espagnol Prisa. Soit, au total, un portefeuille de 6,9 milliards, dont il faut retrancher une dette nette (post-scission) de 1,9 milliard d'euros. L'ensemble fait donc apparaître un actif total de 18 milliards d'euros pour Vivendi, alors que la capitalisation boursière actuelle n'est que de 10 milliards.