L'Europe, entre le sommeil et l'agonie >
Pour Mario Draghi, il n'y a pas de doute : l'Europe est entrée dans une « lente agonie » qu'illustrent le décro chage du taux de croissance de l'économie, de ce côté-ci de l'Atlantique par rapport aux États-Unis, et l'érosion de notre compétitivité. D'autres, comme François Villeroy de Galhau, préfèrent parler d'un long sommeil. Quoi qu'il en soit, la conclusion est la même : l'Europe doit se réveiller sans délai. Or près de six mois après les élections européennes, la nouvelle Commission n'est toujours pas entrée en fonction. Pendant ce temps-là, Donald Trump qui retrouvera la Maison-Blanche dans deux mois, a déjà procédé à toutes les nominations importantes… qui sont aussi, pour certaines, inquiétantes. Le réveil de l'Europe passe par trois conditions. D'abord, qu'elle retrouve son unité. Au niveau des chefs d'État comme à celui de la Commission européenne où Ursula von der Leyen semble diviser pour mieux régner. Ensuite, qu'elle applique le mode d'emploi savamment décrit par Mario Draghi, mais aussi par Enrico Letta et Christian Noyer. Car le financement du triple défi en matière environnementale, numérique et de défense va nécessiter un approfondissement du marché des capitaux. Enfin, et ce sera sans doute la tâche la plus difficile, il lui restera à reprendre confiance en elle, alors qu'elle est en pleine crise de natalité, d'identité culturelle et de leadership. En appliquant la devise de Jean Monnet, l'un des pères fondateurs de l'Europe : « Considérer ce qui est nécessaire avant de se demander ce qui est possible. »